Interview avec Julien Bory, fondateur de l’association Global Denture

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Dentissime a rencontré Julien BORY, fondateur de l’association humanitaire «  Global denture »

Dentissime : Bonjour Julien. Quand on vous entend parler, on entend un petit accent. Qui êtes-vous et d’où venez-vous ?

Julien Bory : bonjour, je suis normand de naissance ou j'ai vécu la moitié de ma vie, l'autre moitié c'est en Provence que je l'ai passée. Ce n'est pas la première fois que l'on me fait la remarque sur un accent et je me plais à croire que cela vient de mes différentes pérégrinations qui ont eu une influence sur les inflexions de ma voix, ce qui me ferait répondre que je viens de partout et nulle part à la fois.

Dentissime : Justement, vos voyages nous intéressent. Vous êtes allé un peu partout. Racontez-nous comment tout cela a commencé.

Julien Bory : cela à commencé avec un article d'appel de bénévoles du technologie dentaire que mon père m'a remis, c'est donc un peu lui qui m'a fait partir ! J'avais en moi un désir de découvrir le monde inassouvi depuis des années, et cet appel en a été le déclencheur. J'ai décidé donc d'aller au Cambodge... mais par voie terrestre ! Ce qui me fera parcourir plus de 36000 km au travers de 24 pays. Et chemin faisant, je suis allé à la rencontre de nos confrères de l'art dentaire poussé par la curiosité d'en savoir plus sur notre profession à l'étranger.

Dentissime : Qu’avez-vous découvert de par le monde du point de vue de la dentisterie? Et quel est votre rôle ?

Julien Bory : Cela m'a amené à visiter près de 200 professionnels dentaires, universités, laboratoires, denturologistes, dentistes, écoles ou fournisseurs. J'ai été témoin des immenses laboratoires d'exports en Turquie et en Chine où j'ai pu visiter le plus gros laboratoire au monde avec plus de 2500 employés à Shenzen. J'ai découvert des pratiques anciennes telles que l'utilisation de frondes manuelles ou de four à charbon comme four de chauffe en Birmanie (actuel Myanmar) et au Cambodge. J'ai vu en Birmanie la technique de l'estampage encore utilisé ou alors au Kazakhstan les sourires dorés qui sont encore considérés comme des signes de richesses par la population. En Iran des denturologistes qui pratiquent en toute légalité, et un niveau de développement qui est loin d'être celui auquel on s'attendrait d'un pays sous embargo.

J'ai découvert au Kosovo des prothésistes ayant retrouvé leur laboratoire pillé au retour des bombardements, devant reconstruire tout de zéro. À Sarajevo, un établi avec un impact de balle perdu de sniper ou une école de prothèse où des anciens élèves me témoignaient des études durant le siège de Sarajevo. En Thaïlande des praticiens de rue à Bangkok chez qui les patients rentrent directement pour se faire réaliser une prothèse adjointe.

Quant à mon rôle, je ne me donne aucun rôle particulier sinon celui de témoin. Témoigner de ces différentes pratiques, cela permet aux professionnels dentaires francophones qui n'ont pas fait ce voyage d'avoir une vision plus large de leur profession. En découvrant comment on travaille ailleurs, avec quelles techniques, quels matériaux, on en apprend en peu plus sur son propre niveau et sur sa place dans cet univers globalisé.

Dentissime : Vous êtes fondateur de l’association «  Global denture ». Quel est l’objet de cette association ?

Julien Bory : L'objet de l'association est de faire de l'humanitaire dans le domaine de la prothèse dentaire, formation, diffusion d'informations et en particulier de la prothèse amovible.
J'ai créé cette association au retour de mon voyage. Ayant fait du bénévolat en Inde pendant ce voyage pour une ONG qui avait une clinique de trois fauteuils et pas de laboratoire. J'ai commencé à y former à la prothèse adjointe, Mukesh un assistant dentaire, mais il restait encore tant à faire que j'ai créé Global Denture pour collecter fonds et équipement et apporter un véritable laboratoire dans cette Inde rurale qui en nécessitait un.

Dentissime : Vous êtes également l’auteur de «  La denture, c’est l’aventure ». Ce magnifique livre est vendu au prix de 45 €. Où vont les bénéfices ?

Julien Bory : Je vous remercie, c'est vrai que j'y ai passé du temps et beaucoup d'énergie et je suis vraiment heureux du résultat. Tous les bénéfices sont reversés à Global denture, c'est d'ailleurs Global denture qui s'occupe de sa diffusion.

Dentissime : Quels sont les projets en cours ?

Julien Bory : Nous devons continuer de soutenir le projet Chitrakoot qui est le laboratoire en Inde, des bénévoles y vont chaque année pour poursuivre la formation du personnel sur place. Aussi nous avons collecté suffisamment d'équipement pour ouvrir un laboratoire ailleurs. Nous étudions différentes possibilités quant à l'endroit où situer ce nouveau laboratoire.

Dentissime : Et quels sont les besoins ?

Julien Bory : Nos besoins se situent en bénévoles, toutes les personnes intéressées pour vivre une expérience de bénévolat en Inde pour le moment sont invités à rejoindre l'équipe de Global denture. Nos besoins sont également en matériaux qui nous permettent de soutenir nos activités et bien entendu en don monétaire. Tous les bénévoles de l'association se déplacent à leur propre frais ce qui fait que la totalité des dons sont utilisés au financement des projets. Une page de don a été mise sur le site : globaldenture.free fr. Aidez-nous !

Dentissime : Merci Julien et bonne continuation .

 Nicolas Perier

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Date de la dernière mise à jour : 6 janvier 2013

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